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Panique!

  • Photo du rédacteur: Vickii
    Vickii
  • 6 déc. 2019
  • 3 min de lecture

- Bon, d’accord. C’est aujourd’hui... il va falloir que je me calme. Oui, oui, calme-toi, disait-il. Il était intenable. Une douleur intense qui lui engourdissait les oreilles. Prendre des médicaments, et encore des médicaments... son foie n’en pouvait plus. Et puis, aujourd’hui était le jour. Le grand jour tant redouté.

Il n’arrivait même pas à comprendre ce qu’il se passait dans son corps, dans sa tête. Des sueurs froides. Des frissons. Sa tête tournait, il n’arrivait même pas à contrôler le rythme de sa respiration.

- Respire, respire, se répétait-il mentalement. Inspire lentement.... expire doucement.

Comment accéder à l’accalmie? Comment pouvoir dominer cette situation?

Il se souvenait de tous ces moments où il avait su faire preuve de courage. Tous ces moments où il avait été particulièrement courageux. Ce jour où il avait rattrapé cette jeune femme prête à sauter sur la voie du RER; ce jour où il avait eu le cran et la force de la tracter et l’éloigner du quai. Il n’avait aucune idée du mécanisme qu’il avait enclenché pour agir de la sorte mais il y était parvenu.

- Encore cette sacrée douleur... se dit-il encore. Cela lui tapait dans les tempes... se cogner la tête contre un mur n’aurait rien arrangé.

- Calme-toi. Inspire, expire, se répétait-il. Inspire par le nez, souffle par la bouche...

Il se souvint également de ce jour où en descendant de chez lui, il avait trouvé sa voisine mal en point. Elle avait ouvert la porte son pantalon baissé au niveau de ses chevilles. Elle l’implorait de l’aider. Elle sentait qu’elle faisait un malaise et n’arrivait même pas à rassembler ses forces pour se rhabiller. Là encore, Yann avait su faire preuve de courage et s’était surpassé. Il avait tout géré comme un chef. Rhabillé la grand-mère, contacté ses proches, alerté les secours. Il était resté présent auprès d’elle tout le temps qu’il fallut avant l’arrivée des secours.

Yann savait faire preuve de courage et de beaucoup de sang froid, mais là ca lui tapait dans la tempe. Il ressentait un profond malaise et pourtant c’était aujourd’hui. Il lui avait fallu beaucoup de courage pour envisager cette possibilité. C’était un pas à franchir et il ne savait vraiment pas s’il serait capable d’aller jusqu’au bout.

Il avait tout planifié et avait choisi l’option de réserver un taxi. Si personne ne l‘attendait en bas il serait resté en boule sous sa couette ou réfugié dans ses toilettes comme pour se cacher. Comme prévu, le taxi arriva en bas de son immeuble. Quand le téléphone sonna, Yann n’était pas sûr de répondre. Après tout, s’il ne répondait pas... il n’aurait pas à descendre en fait. C’était peut être la meilleure des solutions? Il sentait la transpiration acide sous ses aisselles couler le long de sa cage thoracique. Il fallait qu’il se raisonne. Il finit par répondre au téléphone et pris le taxi.

Durant le trajet, Yann observait ce qu’il se passait dehors. Les goutes de la pluie qui s’abattaient sur la ville ce jour là déformaient le paysage. Quelques passants n’avaient même pas de parapluie, ils courraient en vitesse sur leurs chemins. D’autres s’étaient équipés pour supporter le climat mais ils faisaient de la peine à voir quand même il étaient vraiment trempés. Aïe! La douleur reprenait le dessus... c’était insupportable bon sang! Yann se tenait la tête entre les mains. Finalement, ce qu’il se passait dehors ne l’intéressait plus. Le chauffeur de taxi avait tenté d’entamer une discussion mais il avait vite compris que ce ne serait pas possible. Il avait alors mis la radio pour créer une ambiance sonore de fond. Le trajet arrivait à son terme. Yann sentit une fois encore la sueur acide qui dégoulinait sous sa chemise. Il était arrivé, dans un drôle d’état mais il y était. Il avait encore la possibilité de ne pas franchir le pas de la porte. Il restait encore une option: partir en courant mais cela n’avait pas de sens! Il venait de débourser 60 euros pour le taxi, il pleuvait des cordes et n’avait pas pris de parapluie. La douleur dans sa tête était insupportable il fallait vraiment qu’il se dépasse là. Il ouvrit la porte qui s’ouvrit directement sur l‘accueil. On l’avait vu... difficile maintenant de se désister en douce. Il s’avança pour donner l’ensemble des documents demandés et alla s’asseoir pour attendre. Il avait la sensation que ses tempes allaient exploser au rythme des battements de son cœur. Il fallait qu’il respire, inspire et expire. Une porte s’ouvrit, une homme vêtu de vert s’approcha de Yann et lui demanda de le suivre.

- Bonjour, ma secrétaire m’a expliqué que vous souhaitiez me voir rapidement. Qu’est-ce qui vous amène M. Daveau?

- Une rage de dent, docteur. J’ai mal et j’ai peur.

 
 
 

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